Les albums locaux incontournables de l’année : la Nièvre et la Franche-Comté en pleine effervescence musicale
18/03/2025
Le rock, c’est un domaine où la scène locale ne se contente pas de suivre des modèles. Elle crée, façonne, et souvent, elle dynamite tout. Cette année, plusieurs groupes de la région ont mis tout le monde d’accord.
Sorti en février, l’album "Fragments Électriques" du groupe Écorce Vives, originaire de Besançon, est un véritable tour de force. Un mélange de rock alternatif nerveux et de mélodies planantes, où chaque morceau semble raconter une histoire à part entière. Le single "Vertiges", avec ses guitares lourdes et sa montée en intensité progressive, a particulièrement fait parler de lui.
L’énergie scénique du groupe a également fait sensation, comme lors de leur concert à La Rodia en mars, où ils ont joué l’album en intégralité. Une date qui a affiché complet en moins de deux semaines !
Le duo venu de Nevers a surpris tout le monde avec cet opus intimiste, sorti en mai. "À Fleur de Cendre" navigue entre folk et rock acoustique. Les textes, souvent sombres mais d’une poésie rare, explorent des thèmes profonds : résilience, mémoire, et la fragilité des liens humains.
Le titre "Cendres Blanches" a même eu droit à une diffusion sur FIP, rien que ça. Une belle reconnaissance pour un groupe qui produit tout « à la maison », du mixage au graphisme des pochettes.
Le hip-hop en Nièvre et Franche-Comté, c’est une scène qui ne cesse de monter depuis quelques années. Cette année encore, deux gros projets ont marqué les esprits. Pourquoi ? Parce qu’ils ne se contentent pas de suivre les codes du rap mainstream, mais proposent une vision originale et locale.
Rappeur bisontin bien connu pour ses textes affûtés, Krem’s a livré en juin dernier un album percutant, taillé dans une sincérité brute. "Sur Le Fil" est une réflexion personnelle sur l’équilibre précaire entre ambition et réalité, mêlant introspection et revendications sociales.
Avec la participation d’autres artistes locaux (dont l’excellent beatmaker Léo Saint-Ange), l’album offre une pluralité de sonorités, mais toujours ce fil rouge mélodique et cette production ultra-soignée. Mention spéciale pour "Dérapages", qui mêle instrus jazz et paroles tranchantes.
Cet album collaboratif, porté par plusieurs MCs et producteurs de la Nièvre, a été conçu comme une grande fresque urbaine. Les morceaux comme "Rue des Brumes" ou "Asphalte" nous plongent dans une ambiance à mi-chemin entre le spoken word et le rap pur. Le résultat est ambitieux et salué par la critique locale, notamment grâce à un live mémorable cet été au festival Les Z’Éphémères de Nevers.
Qui a dit que l’électro était réservée aux grandes villes ? Cette année, les talents électro de la région ont prouvé qu’on pouvait produire des projets audacieux et ambitieux sans studio à plusieurs millions.
Cité phare : Dijon. Waveform\_85, aka Adrien Perret, propose une électro brute, entre synthwave et techno minimaliste. Son projet le plus récent, "Contra-Pulsations", mêle des sons industriels froids à des plages sonores mélancoliques. L’opus, sorti en janvier, est déjà playlisté par certains DJs parisiens, mais c’est dans son fief qu’il brille le plus.
Le morceau "Deconstruction" est une expérience sonore unique, où le rythme s’efface peu à peu pour laisser place à une ambiance chaotique quasi cinématographique. La performance live au Moloco le mois dernier reste dans toutes les têtes.
Vous l’avez sûrement remarqué : beaucoup des albums cités ici sont autoproduits. Cette tendance, déjà amorcée depuis quelques années, a explosé en 2023. Les artistes de la Nièvre et de Franche-Comté n’attendent plus les majors ou les gros labels pour exister. Ils y vont à fond, avec les moyens du bord – et ils le font bien.
Si cette année a été aussi prolifique, c’est notamment grâce à des structures et des publics qui soutiennent vraiment la création. Des lieux comme La Rodia (Besançon), Le Café Charbon (Nevers), ou encore des festivals comme Jours de Fête ou Losesummer ont joué un rôle essentiel. Ces espaces permettent aux artistes de tester leurs projets et de faire grandir leurs albums en live.
Le bouche-à-oreille est aussi un levier majeur dans la région, avec une communauté toujours connectée : Spotify a vu une augmentation des écoutes sur des groupes locaux de +40 % cette année, selon certains comptes Spotify dédiés au suivi des zones rurales françaises.
Alors, qu’on soit rockeur, rappeur ou nostalgiques des synthés old-school, il y a fort à parier qu’on n’a pas fini d’être surpris par la scène musicale de chez nous.